Typologie des traces de la Grande Guerre

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Que l’on soit en ville ou à la campagne, les traces de la Grande Guerre demeurent très nombreuses dans la région. Souvent ignorées, parfois même oubliées, ces traces demeurent les témoins de l’atrocité des combats et du sacrifice des hommes qui y ont pris part.

On en observe de différentes natures :

- Les paysages des champs de bataille : il ne subsiste plus aujourd’hui de secteurs significatifs de la guerre de position ; les travaux de requalification de la Reconstruction et le temps ont eu raison des zones de tranchées et des champs de cratères. En revanche, sous un nouveau « revêtement » agricole, les paysages topographiques sont toujours lisibles, à condition de savoir les lire.

- Les souterrains et les carrières souterraines : Arras est un point principal ; d’autres exemples sont connus, à Vimy, à Loos, à Fromelles.

- Les « lieux historiques » : les quartiers généraux, la Pierre d’Haudroy (Nord).

- Les cimetières militaires et les mémoriaux. L’origine des centaines de cimetières militaires qui parsèment le territoire du Nord–Pas-de-Calais est très diverse : les uns ont été créés pendant le conflit, à proximité du front ; d’autres sont liés aux établissements sanitaires de l’arrière ; d’autres ont été constitués après-guerre par le regroupement de petits cimetières de la zone de front. Ces cimetières ont été à la fois conçus comme des éléments de la reconnaissance nationale et comme des outils pour le travail de deuil des familles.

Les tombes individuelles ont des aspects différents selon les nations, mais respectent un même principe : l’égalité de la commémoration, pour l’égalité du sacrifice. Les Britanniques ont choisi des pierres tombales de forme identique, alors que dans les cimetières français, américains et allemands, l’appartenance religieuse détermine la forme (croix latine, stèle marquée de l’étoile de David ou du croissant).

Les inscriptions reprennent le patronyme, le prénom, le grade, l’unité, et la date du décès ; les Français y adjoignent la mention « Mort pour la France » ; les Britanniques, l’insigne du régiment, le matricule, l’âge, et, en bas, trois lignes de texte au choix de la famille.

Chaque cimetière britannique possède 3 éléments constants : la « croix du sacrifice », la War stone (« pierre du souvenir »), l’abri pour les visiteurs, avec le registre des sépultures et un cahier de passage où les visiteurs peuvent inscrire leur nom.

Les ossuaires sont souvent le prolongement de fosses communes où furent inhumés des soldats non-identifiés.

- Les monuments commémoratifs.

- Les édifices de la Reconstruction.

Yves LE MANER,
Directeur de La Coupole,
Centre d'Histoire et de Mémoire du Nord–Pas-de-Calais